dimanche 17 décembre 2017

Outlander, tome 1 : Le chardon et le tartan

Résumé : 

Au cours d'une promenade sur la lande, elle est attirée par des cérémonies étranges qui se déroulent près d'un menhir. Elle s'en approche et c'est alors que l'incroyable survient : la jeune femme est précipitée deux cents ans en arrière, dans un monde en plein bouleversement ! 1743. L’Écosse traverse une période troublée. Les Highlanders fomentent un nouveau soulèvement contre l'occupant anglais et préparent la venue de Bonnie Prince Charlie, le prétendant au trône. Plongée dans un monde de violences et d'intrigues politiques qui la dépassent, Claire ne devra compter que sur elle-même pour surmonter les multiples épreuves qui jalonnent ce formidable voyage dans le temps. Elle connaîtra l'aventure et les périls, l'amour et la passion. Jusqu'au moment crucial où il lui faudra choisir entre ce monde palpitant qu'elle aura découvert et le bonheur qu'elle a connu et qui, désormais, lui paraît si lointain...

Mon avis : 

Je suis la série TV, Outlander depuis ces débuts en 2014 et cette semaine, j’étais triste de quitter Claire et Jamie après la diffusion du dernier épisode de la saison 3. Je me suis donc fixée l'objectif de lire les livres avant la reprise de la saison 4 en septembre 2018. J'ai donc avalé les 852 pages en a peine 5 jours tant ce premier tome est réussi. La série étant très fidèle au livre, j'ai eu peu de surprise et je me suis régalée. 

"Chaque jour, des milliers de gens disparaissent. N'importe quel policier vous le confirmera. Mieux encore, interrogez un journaliste. Les avis de recherche sont le pain quotidien de la presse.
Des adolescents fuguent. De jeunes enfants se perdent ou sont kidnappés. Des femmes au foyer au bord de la crise de nerfs prennent l'argent du ménage et sautent dans un taxi qui les emmène à la gare la plus proche. Des financiers internationaux changent de nom et se volatilisent dans la fumée de leur havane.
La plupart réapparaissent tôt ou tard, morts ou vifs. Au bout du compte, toutes les disparitions finissent par s'expliquer.
Enfin... presque toutes
." Claire et son mari Franck sont en voyage en Écosse pour partir sur les traces des ancêtres de Franck. La seconde guerre mondiale est finie depuis peu, et les deux tourtereaux sont contents de pouvoir enfin se retrouver. Mais Claire part se promener sur une colline où sont érigées des pierres et par magie, elle passe à travers et se retrouve deux cents ans plus tôt. Elle est secouru par des Highlanders et l'aventure ne fait que commencer.

L'écriture de Diana Gabaldon m'a plu, et je dois dire que je suis agréablement surprise par tout l'univers qu'elle a crée. Je n'ose imaginer toutes les recherches historiques, la documentation et le travail pour écrire un roman de ce type. On voyage vraiment, on découvre les us et coutumes de l'époque, leurs croyances et notamment les légendes écossaises : 
"- Tu as bon cœur, Sassenach. Mais tu ne sais pas à qui tu as affaire.
- A des fées, c'est ça? Les superstitions ne me font pas peur. Tu y crois, toi, aux fées ?
Il hésita un long moment.
- Non. Mais pour rien au monde je ne passerai une nuit sur une colline aux fées. La différence, tu vois, c'est que j'ai reçu une instruction, Sassenach. Chez Dougal, j'ai eu un bon précepteur allemand qui m'a appris le latin et le grec. Plus tard, a dix-huit ans, j'ai étudié l'histoire et la philosophie en France. J'ai eu tout loisir de m'apercevoir que le monde ne s’arrêtait pas aux collines et à la lande des Highlands, aux chevaux des eaux et aux lutins de la foret. En revanche, la plupart des gens d'ici ne se sont jamais éloignés de chez eux de plus d'une journée de marche, généralement pour se rendre au Serment de leur clan, ce qui peut arriver deux fois au cours d'une existence. Leur univers se limite aux lochs et aux falaises. Tout ce qu'ils connaissent du monde, c'est ce que leur en dit le père Bain dans ses sermons à la messe du dimanche. Ça et les contes...
"

L'intrigue est passionnante et le suspense présent du début à la fin. Les rebondissements s'enchainent et le lecteur ne s'ennuie pas une seconde. J'ai retrouvé une Claire, déterminée et forte, et un Jamie, drôle et courageux. J'ai également adoré les personnages secondaires qui gravitent autour. Je ne sais toujours pas quoi penser de Geilis mais seul le temps me le dira.

samedi 16 décembre 2017

L'indivision

Résumé : 

Martin et Virginie, frère et sœur, s'aiment d'un amour passionné, mais interdit. Ils ne parviennent pas à mettre fin à leur relation incestueuse.

Mon avis : 

L'inceste, voilà un thème plutôt difficile à aborder en BD et plus généralement dans la littérature. Pourtant le pari est réussi pour cet album signé Benoît Springer et Zidrou.

On y fait la connaissance de Martin et Virginie, frère et sœur, qui s'aiment depuis de nombreuses années. Ils ont essayé plusieurs fois de mettre fin à leur relation sans jamais y parvenir.  Au fil des pages, aucun jugement n'est émis et l'on découvre une belle histoire d'amour mais aussi beaucoup de souffrance. "Les souvenirs, Martin, c'est comme les bons vins. A force de les regarder prendre la poussière dans ta vie, ils tournent au vinaigre."

J'ai malgré tout un point qui m'a chagriné, c'est la tolérance qui règne autour d'eux. Je doute que dans la vie de tous les jours, une relation de la sorte soit si bien acceptée. En effet, Virginie est mariée et son mari sait qu'elle entretient une relation avec son frère. Pourtant, il ferme les yeux et attends patiemment qu'elle lui revienne. "- Je savais. Depuis le début, je savais. Je ne les ai jamais surpris, non. Je n'ai jamais cherché à le faire, non plus. Je l'ai lu dans leur yeux, voilà tout. Depuis, je vis avec leur secret. J'en suis même le gardien. Je n'ai pas besoin de connaître les détails. Où ils se voient. Ce qu'ils se disent. Ce qu'ils font. A quoi cela servirait-il ? Il est l'océan, il est le large. Je suis son port d'attache. Son phare rassurant."
Martin, lui entretien une relation avec une collègue de travail et va lui faire la confession de son amour incestueux. Là encore, la jeune femme est très compréhensive. 



jeudi 14 décembre 2017

Miss Peregrine et les enfants particuliers, tome 2 : Hollow city

Résumé : 

Jacob et les enfants particuliers sont désemparés : Miss Peregrine, changée en oiseau, est prisonnière de son état, suite à l’attaque des Estres, des âmes damnées, sur l’île Cainholm. Les voilà donc livrés à eux-mêmes ! Après avoir essuyé une tempête entre Cainholm et le continent, Jacob et ses amis s’échouent sur une rive de Grande-Bretagne, en 1940, alors que la Seconde Guerre Mondiale fait rage. Entre fuir des Estres déguisés en soldats, des rencontres avec des animaux singuliers, et la recherche de la dernière Ombrune en liberté afin de redonner à la directrice de l’orphelinat sa forme humaine, cette deuxième aventure de la série s’annonce palpitante et pleine de frissons !

Mon avis : 

Quelle déception ! Moi qui avait beaucoup aimé le tome 1, je suis difficilement parvenu à la fin de cette suite. 

C'est lent, il se passe moins de choses que dans le précédent livre et surtout, je trouve que ce tome perd de son intérêt. Jacob, en effet, faisait plein de découvertes notamment à propos des enfants particuliers, de Miss Peregrine ou encore des boucles et des créatures fantastiques. C'était vraiment passionnant de découvrir tout cela avec lui. Or, ici, on dirait qu'il est déjà familier avec tout ça ! "Cette idée me plaisait : que la particularité ne soit pas un manque, mais quelque chose en plus. J'aimais penser que l'on possédait quelque chose qui faisait défaut aux gens normaux, plutôt que le contraire., Que nous étions augmentés, et non diminués."

Je trouvais le personnage de Miss Peregrine atypique et charismatique. Elle apportait beaucoup à la précédente aventure, mais manque de chance ici, elle est réduite en oiseau et donc on en parle presque pas.

Dommage !

dimanche 10 décembre 2017

La femme à droite sur la photo

Résumé :

Los Angeles, 1959. L’actrice Elizabeth Badina se volatilise durant le tournage du film qui devait faire d’elle une star. Enlèvement? Meurtre? Disparition volontaire? Malgré l’enquête conjointe de la police et du FBI, l’affaire ne sera jamais résolue.
1998. Après un succès fulgurant au box-office qui a fait de lui la coqueluche d’Hollywood, le scénariste David Badina affronte une traversée du désert. Incapable de mener à bien le moindre projet, il est contacté par Wallace Harris, légende vivante du 7e art et metteur en scène paranoïaque, qui lui demande de travailler au scénario de ce qui sera sans doute son dernier film. Ils ne se sont jamais rencontrés mais un lien unit les deux hommes : Wallace Harris n’est autre que le réalisateur du drame policier qui devait lancer la carrière d’Elizabeth, la mère de David. Et l’un des derniers à l’avoir vue vivante.
En acceptant son offre, le scénariste va tenter de découvrir ce qui est arrivé à sa mère quarante ans plus tôt. Quitte à déterrer de vieux secrets qui feront voler sa vie en éclats.

Mon avis : 

Nouvelle lecture d'un roman de Valentin Musso et après Les cendres froides et Sans faille, je suis a nouveau conquise par La femme à droite sur la photo. 

Dans les années 60, aux États-Unis, Elizabeth Badina, une actrice montante disparaît du jour au lendemain. A-t-elle été assassinée? A-t-elle disparu de son plein gré? "Elisabeth Badina ne verra jamais son nom ni son visage sur les murs de la ville. Elle ne sera jamais adulée par les foules silencieuses des salles de cinéma."
Quarante ans après, le mystère reste entier. Son fils David Badina, devenu scénariste et qui peine a trouver l'inspiration est contacté par le metteur en scène, Wallace Harris, qui travaillé avec Elizabeth sur son dernier film. C'est l'occasion pour lui David de reprendre l'enquete. 

Valentin Musso nous entraîne dans l'Amérique des années 60. C'est la grande époque pour le cinéma mais les années du Maccarthysme ne sont pas loin. Cette chasse aux communistes et la liste noir d'Hollywood constitue la trame de fond du roman. Le suspense est présent du début à la fin et il est difficile de lâcher ce roman si prenant. 

David, notre héros, est vraiment un personnage attachant et ses faiblesses et doutes y sont certainement pour quelque chose. "40 ans… Lorsqu’il m’arrivait de penser à mon âge, c’est-à-dire de plus en plus souvent, je prenais conscience d’avoir déjà vécu la moitié de ma vie sans rien avoir accompli d’extraordinaire – je songeais que Mozart était mort à 35 ans en laissant derrière lui la bagatelle de six cent vingt-six œuvres." Il se confie à nous, à la première personne, et l'on se sent vraiment proche de lui. Sa quête de vérité sur la mort de sa mère nous entraîne dans un roman passionnant que je vous conseille vivement. "Ma mère... Je n'ai aucun souvenir d'elle. Je n'avais même pas un an lorsqu'elle a disparu. Pour la plupart des gens qui se rappellent encore de cette époque - la fin des années 50, celle des grandes productions hollywoodiennes -, Elizabeth Badina n'est plus qu'un nom. Celui d'une jeune actrice qui se volatilisa mystérieusement durant le tournage de La Délaissée, le troisième film de Wallace Harris."

dimanche 3 décembre 2017

Le viking qui voulait épouser la fille de soie

Résumé : 

Sur une île du sud de la Suède au Xe siècle, un homme vit seul à la ferme avec ses deux fils. Le chemin de ceux-ci est tout tracé : naviguer au loin, pour guerroyer au-delà des mers à l'Ouest, ou pour faire commerce sur les voies fluviales de l'Est. De l'autre côté de la Baltique, à Kiev, vivent un marchand de soie et sa famille. Radoslav rêve de devenir soldat, sa sœur Milka est une jeune fille raffinée qui joue avec ses deux esclaves : Petite Marmite et Poisson d'Or. Mais la belle ville d'Orient est sur le point de tomber aux mains des pillards. Milka et Radoslav trouveront refuge auprès de rustres navigateurs venus du Nord. Dès lors le destin des deux familles sera à jamais mêlé.

Mon avis : 

Katarina Mazetti est plutôt connu pour ses romans drôles et légers comme Le mec de la tombe d'à côté ou Les larmes de Tarzan mais j'étais curieuse de la découvrir dans un roman historique. Les critiques que j'avais pu lire étaient soit très bonnes soit très mauvaises et je voulais me faire mon propre avis. Ayant terminé ma lecture, je peux vous dire que je suis mitigée.

L'auteur nous entraîne au Xe siècle et l'on apprend énormément sur les vikings qui peuplaient la scandinave. On découvre une autre civilisation, avec des coutumes a part, une religion différente faite de plusieurs divinités, bref c'est un régal sur ce point de vue. 
"- Pourquoi vos dieux doivent ils forcément être tous les mêmes ? Ai je dit. Chez nous, nous avons beaucoup de dieux qui nous aident de différentes manières dans la vie ! Personne ne s'en tient à un dieu en particulier, ni à tous, mais nous ne nous battons pas pour savoir lequel est le meilleur!"

Par contre, j'ai moins aimé les personnages et l'intrigue autour d'eux. Je n'ai pas réussi à m'attacher a aucun d'entre eux et a vraiment rentré dans le récit. 


Malgré tout je suis contente de cette lecture qui m'a fait découvrir un peuple et un peu de l'histoire Scandinave.

Lu dans le cadre du challenge :
- Le temps à l'envers (2017/1900) 

Détective Conan, tome 13

Résumé : 

Hattori découvre la véritable identité de Conan. Aoyama fait un clin d'œil aux films du genre Gozilla.
Énigmes principales:
Les triplés. Un suicide douteux: la fleur et le papillon. La tragédie du monstre Goméra.

Mon avis : 

Je continue doucement ma progression dans les avntures de Conan et ce tome 13 est une nouvelle fois a la hauteur. 

Tout d'abord, on découvre la révélation du meurtrier de l’enquête précédente ou un groupe de fan de Sherlock Holmes c’était réunis et malheureusement cette rencontre c’était révélée mortelle. Deux morts et une tentative de meurtre plus tard Conan a pu nous révéler qui est l'assassin. Par contre, il s'est fait démasqué par  Hattori qui a deviné son identité. J'ai aimé cette fin, et le fait que quelqu'un est enfin démasqué notre héros. J'espère que cela va mettre un peu de piquant pour la suite.

Vient ensuite l'affaire des triplés. Un père de famille est assassiné sous les yeux de Conan et ses amis qui pense avoir reconnu le meurtrier. L'enquête aurait été beaucoup trop simple et il s'avère que le meurtrier potentiel a deux frères. Ce sont des triplés et ils se ressemblent tous. Un des trois ment et Conan va devoir démêler le vrai du faux. C'est une bonne enquête, pleine de retournement de situations.

Dans une suicide douteux, ici l'intrigue est inversé. Comme dans un épisode de Columbo, on connaît le meurtrier des les premières pages et l'on assiste au raisonnement de Conan pour coincer le meurtrier. La encore c'est une bonne enquête, mais je me demande juste comment l'auteur arrive à inventer une histoire pareil. Je ne vous en dit pas plus mais l'histoire du fil de pêche et du produit a lentilles, il fallait y penser.

Enfin, ce tome s'achève sur La tragédie du monstre Goméra. Conan et ses amis se rendent sur le tournage d'un film ou le personnage principal est un montre. Cela ressemble fort à Godzilla mais ici il s'appelle Goméra. C'est en réalité un costume avec à l'intérieur un véritable acteur. Seulement, le monstre va commettre un meurtre. Qui a bien pu se cacher dans le costume, c'est ce que Conan va devoir trouver.

Ce treizième tome est une réussite et il me tarde de lire la suite !

Ailleurs

Résumé : 

Quittant l'Australie avec ses deux enfants, Olivia se réfugie en France dans la demeure familiale où elle a grandi. Après des années d'absence, elle y retrouve sa mère et son frère, de retour avec sa femme. Dans cet univers fragile, riche en émotions, chacun tente de tenir bon tandis qu'un tragique secret les rapproche sans cesse d'une possible rupture... Conte noir et fascinant, Ailleurs est à la fois troublant, subtil et profond.

Mon avis : 

Première rencontre avec la plume de Julia Leigh et je dois dire que je suis conquise pas son style. Ailleurs est un court récit où l'on fait la connaissance d'Olivia et de ses deux enfants. Olivia a fui l'Australie et un mari violent et la voilà de retour chez sa mère dans une maison bourgeoise française. C'est l'occasion aussi de revoir son frère Marcus et sa femme, qui vient d'accoucher d'un enfant mort-né qu'elle refuse d'enterrer tout de suite. 

Voila comment on pourrait résumer le livre et pourtant le récit est plein d'allusions, de secrets que l'on devine aux fils des pages. Pourtant, après cette lecture, le lecteur n'a pas toutes les réponses aux questions qu'il se pose. Il reste des zones d'ombre et cela donne plus de poids au roman, à ce huis-clos oppressant et sombre. Je pense d'ailleurs que le titre VO est plus adapté : Disquiet (comprenait inquiétude) plutôt qu'Ailleurs en français.

Bref, c'est pour moi une très bonne découverte. Je suis contente d'avoir pu découvrir Julia Leigh et j'ai passé un bon moment avec ce court roman que j'ai dévoré d'un trait.


lundi 27 novembre 2017

La vague

Résumé : 

Cette histoire est basée sur une expérience réelle qui a eu lieu aux États-Unis dans les années 1970.
Pour faire comprendre les mécanismes du nazisme à ses élèves, Ben Ross, professeur d'histoire, crée un mouvement, la Vague, aux slogans fort : "La Force par la Discipline, la Force par la Communauté, la Force par l'Action". En l'espace de quelques jours, le paisible lycée californien se transforme en microcosme totalitaire : avec une docilité effrayante, les élèves abandonnent leur livre arbitre pour répondre aux ordres de leur nouveau leader, lui-même totalement pris par son personnage.
Quel choc pourra être assez violent pour réveiller leurs consciences et mettre fin à la démonstration ?

Mon avis : 


Il y a longtemps que j'entends parler de ce roman et je me suis enfin décidée à le découvrir et comme la plupart des avis, je suis conquise par ce récit.

On fait la connaissance de Ben Ross, un professeur d'histoire qui aborde le nazisme et l'holocaust avec ses élèves. Ces derniers lui posent beaucoup de questions et ne sachant répondre, il va mener une expérience en créant un mouvement La vague.

C'est un récit poignant, effrayant mais vraiment prenant. Le livre est court et je l'ai dévoré dans la journée. C'est une histoire dont on ne sort pas indemne et qui perturbe mais qui devrait être lu par les plus jeunes. On dit que l'histoire est un éternel recommencement et c'est malheureusement une preuve de plus. " Si l'histoire est condamnée à se répéter, alors vous aussi, vous voudrez tous nier ce qui vous est arrivé dans la vague. En revanche, si notre expérience est réussie, et vous admettrez que c'est bien le cas, vous aurez appris que nous sommes tous responsables de nos propres actes et que nous devons toujours réfléchir sur ce que nous faisons plutôt que de suivre un chef aveuglément;
et pour le restant de vos jours, jamais, au grand jamais, vous ne permettrez à un groupe de vous déposséder de vos libertés individuelles.
"


dimanche 26 novembre 2017

Les disparus du pont de pierre

Résumé :

"Rentrez chez vous, la mort est partout !" Cornélia ne s'est jamais remise de la mystérieuse disparition de sa mère, quelques années plus tôt. Est-elle seulement encore en vie ? Alors qu'elle interroge des gens qui pourraient la renseigner, la jeune fille fait la connaissance de Romain, seize ans, qui vend ses croquis dans la rue. Lorsque le garçon disparaît à son tour, l'enquête de Cornélia et de Niko, son frère jumeau, prend un tour étrange qui va les mener bien plus loin qu'ils ne l'avaient imaginé : au-delà de leur époque, au plus sombre de l'histoire de Bordeaux... pendant l'épidémie de peste noire du XIVe siècle !

Mon avis : 

Tout d'abord, je tiens à remercier Livraddict pour leur partenariat ainsi que les éditions Castelmore pour l'envoi de cet ebook. Quand, j'ai lu le résumé, j'ai eu immédiatement envie de me plonger dans ce roman pour retrouver Bordeaux, ville que j'ai visité cet été et que j'ai adoré.

Dans ce roman jeunesse, nous faisons la connaissance de Cornélia et de son frère jumeau Niko, âgés de 15 ans. Tous deux sont intrigués par une série de meurtres le long du fleuve et décide d'y mettre leur grain de sel. C'est comme cela qu'il rencontre Romain, un jeune SDF qui va faire chavirer le cœur de Cornélia. Seulement ils ne sont pas au bout de leur peine et vont se retrouver mêlés à bien des dangers.
"- Tu l'as vu, ce géant ? le provoque Romain, un brin ironique.
- Non , mais des potes qui sortaient de la supérette du quai Richelieu l'ont repéré alors qu'il traversait le pont à toute allure comme s'il avait des bottes de sept lieues et le diable aux trousses.
- Et il était flanqué d'un clébard monstrueux, un engin de la taille d'un yéti avec des dents de requin, complète Félix, moqueur.
Les deux jeunes échangent un regard entendu : parmi les nombreuses légendes que colportent les déshérites, la plus extravagante est bien celle de cette créature mi-homme, mi-rapace, qui hante les abords de la ville avec un loup-garou. Certains la disent tapie dans les entrailles de la base sous-marine ; d'autres affirment l'avoir aperçue derrière la gare, errant, assoiffée de sang et de meurtre, parmi les bâtiments désaffectés de la SNCF. Tous ceux qui bavassent sur le pavé ou dans les dortoirs des haltes de nuit s'accordent à accuser cet être malfaisant des crimes inexpliqués perpétrés dans les parages.
"

Difficile de résumer l'histoire dans son entier car il se passe tellement de choses aux fils des pages. L'histoire mêle enquête policière, une pointe de fantastique, un voyage dans le temps qui nous fait découvrir Bordeaux au Moyen-Âge, bref, le lecteur n'aura pas le temps de s'ennuyer. Le seul point que je pourrais reprocher c'est que ce livre est vendu comme un roman unique. Or pendant toute ma lecture j'avais l'impression que je n'avais pas toutes les clefs en main pour comprendre toute l'histoire, qu'il me manquait certains éléments. Après une rapide recherche sur le net, j'ai découvert que Les disparus du pont de pierre est en fait, un tome 2, et qu'une précédente aventure de Cornélia et de Niko a déjà été publiée sous le titre : Le vampire de Bacalan. 

Malgré ça, on passe un très bon moment de lecture. Nos deux héros sont très attachants, déterminés et vraiment très matures pour leur âge. J'ai aussi beaucoup aimé leur complicité. L'intrigue est pleine de suspense et une fois commencé il est difficile de lâcher de le roman. Et puis, on découvre un pan de l'histoire de la ville qui est fort intéressant. C'était ma première lecture de Jeanne Faivre d'Arcier, et je dois dire que j'ai apprécié sa plume. Je me demande par contre, si elle est elle-même originaire de la ville et d'où elle tient son certain mot / expression de son vocabulaire qui m'était totalement inconnu et qui je pense provienne de la région Bordelaise. Pour moi, qui suis originaire du nord de la France, j'ai souris plusieurs fois lors de ma lecture. Bref, c'est une belle découverte.

samedi 25 novembre 2017

Ma vie de Bacha Posh

Résumé : 

La famille d’Obayda aurait bien besoin d’un peu de chance : depuis l’accident de leur père, la vie dans la campagne afghane n’est pas facile pour la fillette de dix ans et ses sœurs. La tante d’Obayda a une idée pour leur porter bonheur : transformer la fillette en bacha posh, c’est-à-dire la faire passer pour un garçon. D’abord désemparée, Obayda – désormais appelée Obayd – devient amie avec Rahim, une autre bacha posh. En sa compagnie, elle va découvrir la liberté…

Mon avis : 

Tout d'abord, je souhaite commencer cette critique en remerciant Livraddict pour leur partenariat ainsi que les éditions Castelmore pour l'envoi de cette ebook, que j'avais repéré à sa sortie. En effet, j'avais depuis longtemps envie de découvrir un roman de Nadia Hashimi, c'est maintenant chose faite !

Contrairement aux autres romans de l'auteur, Ma vie de Bacha Posh est un roman jeunesse qui nous offre un voyage en Afghanistan. On y fait la connaissance d'Obayda et de sa famille. Son père s'est retrouvé amputé d'une jambe suite a un attentat et la famille sans ressource à du fuir Kaboul pour se réfugier dans un petit village. C'est déjà une chamboulement dans la vie de cette petite filles et de ses sœurs aînées. Mais Obayda n'est pas au bout de ses surprises quand sa fille décide la transformer en petit garçon et d'en faire une bacha posh.

Bacha posh, voila un terme que je ne connaissais pas avant d'avoir lu ce roman. C'est une pratique toujours d'actualité au Pakistan et en Afghanistan, qui consiste à élever une de ses filles en garçon pour combler la honte de ne pas avoir engendré de fils. De plus, de manière superstitieuse, cela augmenterait les chances d'avoir un garçon lors d'une future grossesse. 
De manière générale, le livre ne juge jamais cette pratique, difficile a comprendre pour nous occidentaux mais nous montre les différences entre homme et femme. Un garçon a toujours bien plus de libertés : pouvoir sortir sans être accompagné, être exclu de taches ménagères, avoir de meilleurs rations alimentaires.... Il nous montre aussi la difficulté des enfants a trouver leur identité. Pour un roman jeunesse, je l'ai trouvé vraiment intéressant car il soulève beaucoup de question. Il est donc adapté a un large public : les petits comme les grands seront comblés avec ce roman.

L'intrigue est prenante et les personnages tellement attachant, notamment Obayda et Rahim(a). J'ai été impressionné par le niveau de maturité. Je suppose que la vie ne leur a pas fait de cadeaux et que forcement en Afghanistan, on est amené a grandir plus vite.
J'ai également été touché par son destin, par le choix de sa famille qui est malheureusement encore aujourd'hui d'actualité :
- [...] Peut-être que ce n’était pas pour aujourd'hui.
- Comment ça?
- Tu sais, le destin et tout ça.
- Tu crois au destin ?
Rahim ralentit et me laisse le rattraper. On marche côte à côte, coude contre coude. Il fait noir mais ça ne m’embête pas. C'est comme un bras autour de mes épaules. Rahim réfléchit à ma question avant de répondre.
- Parfois, j'y crois, et parfois non. Disons que si quelque chose de bien m'arrive, je préfère croire que le destin n'a rien à voir là-dedans. J'aime mieux penser que j'y suis pour quelque chose.
- Et si c'est quelque chose de désagréable ? Tu vas croire au destin ?
La voix de Rahim devient froide et dure.
- Dans ce cas, j'aimerais que le destin soit une personne pour pouvoir lui donner un bon coup de pied dans la figure.  

Bref, j'ai eu un vrai coup de cœur pour ce court roman qui nous offre un dépaysement total, un regard sur d'autres coutumes et qui est remarquablement bien écrit. La fin pour Obayda se veut optimiste et il ne reste plus qu'a espérer que pour les générations futures, le sort des femmes évoluera.